Oct 282012
 

The Medici Effect: Breakthrough Insights at the Intersection of Ideas, Concepts, and Cultures, de Frans Johansson est paru chez Havard Business School Press en 2004.  Je n’ai pas trouvé de version française de ce livre, et c’est bien dommage !

The Medici Effect apporte un éclairage passionnant sur la nature de la créativité et de l’innovation, en distinguant bien les deux. Une idée créative n’est pas seulement nouvelle, elle doit aussi susciter de l’intérêt en faisant rêver, rire ou bien en étant source d’autres idées ou encore en étant le point de départ de nouvelles recherches. Pour devenir une innovation, une idée créative doit encore être réalisée pour devenir utile et être utilisée par le plus grand nombre.

Pour F. Johansson, la créativité et l’innovation ont plus de chances de s’exprimer à l’intersection de domaines connus pour être différents et sans rapport. Et nous sommes dans un monde qui selon lui favorise ces intersections grâce à trois grandes forces :

  1. Le mouvement des personnes, conduisant à un brassage des expériences et des cultures
  2. La convergence des sciences. Bien que d’une spécialisation sans cesse accrue, il y a aussi de plus en plus de passerelles entre les domaines scientifiques différents. Par exemple, la biologie bénéficie de la chimie quantique, la physique des dernières avancées mathématiques,  et l’économie des avancées en termes de psychologie, à moins que ce ne soit l’inverse !
  3. Le saut de la performance informatique, avec des impacts directs en termes de calcul et de simulations par exemple. Mais aussi des impacts forts en termes de partage d’information par le web.

F. Johansson montre aussi comment nos représentations du monde et surtout nos associations automatiques de concepts peuvent être à la fois utiles à nos raisonnements et aussi de puissants freins à l’innovation, en nous empêchant de voir les apports d’un domaine ou d’une culture à un autre. Et pour faire tomber ces barrières apparentes, il réalise que les grands innovateurs (à ne pas confondre avec les grands inventeurs, ce ne sont pas forcément les même) ont exploré quatre voies :

  • s’exposer à des cultures et des domaines différents
  • apprendre différemment, c’est à dire en évitant de s’enfermer dans un raisonnement type, souvent inculqué avec le savoir transmis
  • inverser les hypothèses définissant un concept ou  soutenant un raisonnement
  • changer volontairement de point vue pour considérer le projet conduit ou le problème à résoudre

L’auteur montre alors comment créer et utiliser l’intersection de domaines pour augmenter notre potentiel innovant.

Un point pour moi très important est aussi ce chapitre sur le droit à l’erreur. Comment dépasser nos « plantages »et surtout la peur que nous pouvons en avoir : la route de l’innovation ne peut s’ouvrir que lorsque ce point est compris et intégré, individuellement comme en groupe. La peur de l’échec est la meilleure arme contre l’innovation. La connaissance et la prise de risque en sont les remèdes. Johansson décrit trois actions clés :

  • Essayer les idées qui plantent pour trouver celles qui ne plantent pas : tester des idées vaut bien mieux que de chercher à trouver celle qui marchera à coup sûr sans rien tester. Se planter, c’est apprendre autant sinon plus qu’en ne se plantant pas. Accepter de se planter et réserver le plantage en amont du projet, c’est se donner la possibilité de cerner pragmatiquement et concrètement l’idée innovante qui marche.
  • Réserver des ressources pour les imprévus et les changements de cap : un planning de projet innovant est fait pour être changé, il est utile comme support de communication ou de coordination, il représente un piège fatal si on le « grave dans le marbre ».
  • Restez motivés : les « motivateurs intrinsèques » sont plus puissants que les « motivateurs extrinsèques » (récompenses) lorsqu’il s’agit d’innovation. J’y reviens dans l’article suivant.

Dans l’expérience que j’ai conduite avec le support actif des mes équipières et équipiers, relatée dans « Manager avec le accords toltèques », bon nombre des indications de F. Johansson sont à l’œuvre, d’autres sont autant de sources d’inspiration !

 

 

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