Nov 112012
 

Paul Watzlawick, (1921-2007), est un théoricien de la communication et du constructivisme. Il est membre fondateur de l’École de Palo Alto (Californie).

J’ai trouvé dans ses nombreux ouvrages une énorme source de compréhension de la psychologie du changement comme de la dynamique des relations interpersonnelles.

Le livre en référence aujourd’hui est un ouvrage collectif présentant la pensée de philosophes,  psychologues, cybernéticiens, mathématiciens et orchestré par Watzlawick.

L’invention de la réalité – contributions au constructivisme, est paru en 1988 aux éditions du Seuil.

Comme son sous-titre l’indique, il traite du constructivisme c’est à dire l’approche qui consiste à considérer que nous construisons notre réalité à partir de nos perceptions et de nos actions.

La notion de perception de la réalité est une notion clé dans bien des domaines (la philosophie, l’art, la psychologie, la thérapie par exemple) et elle s’avère aussi très utile dans le cadre du travail lorsqu’il s’agit de performance et de sérénité.

Nous percevons notre environnement par nos cinq sens et nous avons l’impression d’être en contact direct avec les objets et les personnes. Pourtant, il s’agit d’une illusion : quelles que soient les perceptions, il s’agit d’une construction élaborée par notre corps et surtout par notre cerveau.

Pour prendre un exemple avec le sens de l’ouïe : « dehors » pour dire en dehors de notre esprit, il n’y a ni son, ni musique. Il y a des variations périodiques de pression de l’air captées par l’oreille, le tympan, filtrées mécaniquement par le colimaçon de l’oreille interne et propagées aux neurones du nerf auditif. Le son est une construction de notre cerveau, la musique étant une construction sur cette construction en y associant d’autres concepts comme le rythme ou le plaisir…

Ce que nous appelons réalité est en fait une image, une construction qui est propre à chacun d’entre nous. Nous n’avons pas accès aux objets qui nous entourent, nous avons accès à l’information que nous donnent nos sens, le reste est construction (en cybernétique, on parle de computation).

Nous agissons en fonction d’une réalité construite par notre cerveau et notre esprit. Il s’agit d’une représentation. Pourtant, il est cohérent de se dire aussi qu’il y a une réalité macroscopique qui existe indépendamment de nous. P.Watzlawick, dans « Les cheveux du baron de Münchhausen » parle de deux ordres de réalité. Il y a la réalité du premier ordre, celle pour laquelle une approche scientifique permet de se mettre d’accord sur des perceptions différentes. Prenant l’exemple de l’or, Watzlawick explique que ses propriétés physico-chimiques font partie de sa réalité de premier ordre : il est aujourd’hui aisé d’en faire des mesures objectives, constantes dans le temps pour un environnement donné. Par contre, la valeur de l’or fait partie d’une réalité de deuxième ordre, résultat d’une construction individuelle comme collective.

Car la construction de la réalité est aussi collective et c’est ici qu’entre en jeu la communication, quelle qu’en soit sa forme. Par la communication, nous sommes à même de partager plus ou moins efficacement des parties de notre représentation de la réalité, conduisant à intégrer ou à rejeter des représentations extérieures à la nôtre.

G.Bateson, dans « Vers une écologie de l’esprit, tome 2 »,  décrit lui aussi deux niveaux de réalité qui se font jour lorsqu’on ajoute la communication aux cinq sens. Bateson distingue le monde Newtonien du monde de la Communication.

Le monde Newtonien, explique Bateson, est le monde des objets, gouverné par les lois de la physique. Il est dépourvu de sens. Le sens est du ressort du monde de la Communication car le sens est fondamentalement et intégralement issu des représentations internes de la réalité.

Quelle qu’en soit leur nom, la présence de ces deux types de réalité est une donnée tangible. Or, bien souvent cette distinction ne fait pas partie de notre représentation de la réalité, et nous pouvons alors vivre dans un monde composite de faits pris pour des idées ou d’idées, de constructions prises pour des points concrets du monde Newtonien.

Nos perceptions, nos ressentis sont les fruits de nos interprétations des signaux du monde extérieur. Ces interprétations impliquent différents niveaux plus ou moins conscients de nos raisonnements : depuis notre identité profonde, nos émotions, nos certitudes, nos croyances, nos valeurs etc. Le monde dans lequel nous vivons est une projection de ces éléments. Et ces éléments nous définissant en tant qu’individu, il importe donc à chacun de les protéger et de les nourrir afin de préserver sa représentation du monde, pour se préserver soi-même.

Quelle que soit notre intelligence, nous raisonnons dans la réalité que nous nous construisons au risque de nous y enfermer sans perspective d’issue. C’est ce que Watzlawick appelle la « bouteille à mouches ».

La bonne nouvelle est que si nous sommes capables de créer une réalité qui nous « enferme » au point de perdre performance et sérénité, alors nous devrions être capable de la changer : parce que nous construisons notre réalité, nous sommes capable de changer.

Et si nous étions capables de construire une réalité qui favorise à la fois la performance et la sérénité ?

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