Chevaucher son Tigre

 Dans la catégorie : 1. Pré-Iniquien, Livre
Fév 032013
 

Chevaucher son tigre

Ou comment résoudre des problèmes compliqués avec des solutions simples.
La résolution des problèmes est en général, pour le manager et son équipe, l’activité à la fois parasite et principale à la bonne conduite de son activité fondamentale.
Si l’activité fondamentale de l’équipe est la production de pièces détachées, de voitures ou de plats dans un restaurant, alors résoudre les problèmes qui se présentent régulièrement est l’activité indispensable pour maintenir la performance et atteindre les objectifs.

Comme le disent certains : « s’il n’y avait pas de problèmes, on n’aurait pas besoin de nous… », une façon assez paradoxale d’exprimer le rôle de chacun : ce n’est pas l’activité fondamentale elle-même qui importe, mais le fait d’empêcher les difficultés de perturber cette même activité. Comme s’il y avait une relation linéaire entre les problèmes qui viennent gêner voire empêcher la production et la production elle-même qui subit les effets néfastes des problèmes.

Résoudre les problèmes de façon rapide et définitive est une activité à part entière de l’entreprise. Il y a des approches méthodologiques pour cela.

Elles sont standardisées pour la plupart et présentent souvent un aspect linéaire : je décris le problème puis je cherche les causes du problème puis j’élimine les causes puis je place le processus sous contrôle et enfin je m’assure que les causes ne réapparaissent pas.

Cette standardisation, qui vise l’efficacité de la mise en œuvre de la méthode, peut constituer à terme une « bouteille à mouches », c’est à dire un système de certitudes qui devient contraignant, car il limite les possibilités de réflexion et de changement.

Par exemple, le principe que tout problème doive provenir d’une cause dite « racine » (la root-cause) est largement répandu : dans l’industrie, dans la médecine, dans la psychanalyse, etc. pour ne citer que ces domaines là. L’application à la lettre de ce principe peut conduire à considérer de façon dogmatique que « résoudre un problème revient à identifier et éliminer la cause-racine », ce qui est faux :

1. il existe des solutions dites « symptomatiques » qui consistent à éliminer les conséquences d’un problème, sans pour autant éliminer la cause : par exemple, les lunettes de vue pour les personnes prenant de l’âge…
2. le problème peut être généré par l’activité elle-même : éliminer la cause revient à éliminer l’activité (ce qui peut être effectivement une solution !) : la relation entre problème et activité n’est pas linéaire mais circulaire. Par exemple, une machine porte en elle-même les problèmes qui peuvent apparaître, la notion de fiabilité, d’amélioration continue ou d’amélioration par rupture constituent alors les solutions. (Lire article sur changements 1 et changements 2). Comme dit Gustave Parking : « Le mariage c’est résoudre à deux des problèmes qu’on aurait jamais eu tout seul… », je vous laisse réfléchir là-dessus.
3. dans certains cas, le problème vient de solutions mises en place auparavant : voir l’article sur le changement.

Giorgio Nardone, avec Chevaucher son tigre : L’art du stratagème ou comment résoudre des problèmes compliqués avec des solutions simples, paru aux éditions Seuil en 2008, apporte des éclairages nouveaux en réveillant des savoirs anciens : l’art de la Métis (la ruse) de la Grèce antique, l’art de la guerre de la Chine antique et l’art de la rhétorique, des Sophistes à Pascal.

L’intérêt pour moi de ce livre est d’ouvrir d’autres perspectives qui sont autant de possibilités de regarder différemment la résolution d’un problème, qu’il soit relationnel ou technique. Ce livre fait travailler l’imagination.

De plus, Nardone présente un certain nombre de « stratagèmes » concrets bien que paradoxaux qu’il appelle les « stratagèmes essentiels ».

Par exemple : « Pour redresser une chose, il faut apprendre à la tordre d’avantage ». J’ai eu l’occasion d’utiliser ce stratagème depuis longtemps avec mes équipes : nous avions établi, pour tout nouveau projet, une séance de « kill the project » qui visait à trouver toutes les façons de faire pour que le projet ne réussisse pas, ce qui nous donnait en regard tout ce qu’il s’agissait d’éviter. C’est une approche très puissante, tant pour le projet que pour l’équipe qui prend conscience du pouvoir qu’elle a à échouer et donc en miroir, à réussir !

Récemment, à l’occasion d’une discussion avec un manager qui se trouvait face à un problème de changement qu’il souhaitait faire amorcer à son équipe. Ce manager me demandait ce que j’en pensais et comment aborder ce problème. Je lui posai quelques questions, et notamment : « qu’est-ce qu’il suffirait que tu dises pour planter ton projet ? » J’ai vu son visage s’éclairer et lorsque je l’ai revu quelques jours après, ce manager m’a dit que cette question avait été pour lui « à la fois motivante et porteuse d’une ‘vraie’ réflexion ».

Il y a beaucoup d’autres stratagèmes présentés, certains m’inspirent, d’autres non… pour le moment !

Et vous ?

  2 commentaires à “Chevaucher son Tigre”

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