Mar 032013
 

Au travail, le sens de ce que vous êtes en train de faire est-il toujours clair pour vous ?
Ce problème sur lequel vous êtes en train de réfléchir, seul ou avec votre équipe, que représente-t-il vraiment pour vous ?
En quoi les solutions que vous êtes en train d’élaborer vont elles êtres vraiment utiles ? Et à qui ?

Bien souvent, la question du sens fait partie de ces questions qu’on ne se pose plus, en tout cas plus systématiquement pour chaque nouveau projet ou problème à résoudre. Qu’est-ce qui fait que cette question du sens tend à disparaitre avec l’habitude ? Une explication peut venir du fait qu’avec l’habitude (l’expérience), un certain nombre de certitudes prennent la place du sens et du coup nous pensons avoir la réponse sans même avoir à nous poser la question.

Mais alors, le risque est grand de travailler sans savoir vraiment ce que cela veut dire pour nous, et de là, l’énergie, la motivation voire la santé que nous mettons dans notre travail sont à risque.

Le sens c’est la « signification qu’a une chose pour une personne et qui constitue sa justification » (Trésor de la langue française).

Cette signification porte sur trois aspects qu’on peut classer chronologiquement, que ce soit pour une idée ou une action :

1. Dans le passé, même très récent de la personne : quelle en est la valeur morale ? Quelle en est la raison, la cause ?

2. Dans le présent : quelle en est la signification ? Quelle en est la compréhension ? Quelle en est l’explication ?

3. Vers le futur : quelle en est la finalité, le but ? Comment l’atteindre, par quelle évolution ?

Lorsque quelque chose ne fait pas sens pour nous, nous avons plusieurs possibilités. Les deux plus fréquentes sont :

  • Ne plus y penser, ne pas s’en soucier,
  • Trouver (inventer, imaginer) un sens lorsque la première possibilité nous parait impossible ou risquée.

Curieusement, la troisième possibilité : « demander à quelqu’un qui pourrait avoir la réponse » n’est pas la plus fréquente, et de loin, en entreprise. Il y a une croyance très répandue qui demande à comprendre sans demander car celui qui pose des questions tendrait à afficher son incompétence… Du coup, beaucoup préfèrent travailler sur la base de suppositions leur permettant de créer un sens approximatif. Parfois la déception peut être énorme car les suppositions faites n’étaient pas les bonnes, du coup le résultat n’est pas à l’attendu : l’incompétence tant redoutée se voit matérialisée ! La personne obtient ce qu’elle cherchait à éviter…

Bref, lorsque nous travaillons sur quelque chose, autant en connaitre le sens, et pour cela, la première personne à questionner : c’est soi-même.

Rework, dont j’ai déjà parlé dans « Challenger nos certitudes ?« , partage un certain nombre de trucs favorables à la productivité. Un de ces trucs concerne le sens de ce sur quoi nous mettons notre énergie au travail et voici quelques questions à se poser pour en faire le tour. Imaginez que vous travaillez sur un sujet donné :

  1. Pourquoi travaillez-vous sur ce sujet ? D’où ça vient ? Qui vous l’a demandé ? Quels seront les bénéfices ? Qu’est-ce qui vous motive ?
  2. Quel problème êtes-vous en train de résoudre ? Est-ce un problème réel ? Quelque chose de cassé ? Quelque chose d’impossible à rendre possible ? Énoncez le problème (pas l’objectif, ni la solution) sans ambiguïté ?
  3. Est-ce que c’est vraiment utile ? à qui ? à quoi ? Est-ce que c’est plutôt parce que ça vous plait ?
  4. Est-ce que vous ajoutez de la valeur ? Faire des trucs pour ajouter des choses, c’est facile. Ajouter de la valeur (humaine, financière, stratégique, esthétique, environnementale, etc.) est autre chose : quelle valeur êtes-vous en train de créer, d’ajouter, de développer ?
  5. Est-ce que cela va changer les comportements ? Est-ce qu’il y aura un impact pour les personnes ? Vos clients ? Vos équipiers ? Vos partenaires ?
  6. Est-ce qu’il y a une approche plus facile ? Posez-vous la question. Nous aimons compliquer les choses, ça donne l’illusion de l’importance aux choses comme aux hommes.
  7. Qu’est-ce que vous pourriez faire à la place ? Est-ce vraiment une priorité ? Y a-t-il une autre tâche qui serait plus importante, urgente ?
  8. Est-ce que ça vaut vraiment le coup ? Le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? L’énergie que vous y consacrez ou que vous demandez à votre équipe d’y consacrer est elle vraiment en rapport avec les enjeux visés ?

Si une question reste sans réponse, ce peut être un indice que le sens de ce que vous faites n’est pas si clair que cela et vous avez à votre disposition trois possibilités :

  • Ne plus y penser « car ne pas voir les problèmes donne l’illusion temporaire de la sérénité »
  • Inventer un sens qui vous convient, pourvu que cela colle avec la réalité de votre bouteille à mouches « et ainsi retrouver l’illusion de la sérénité »
  • Demander à quelqu’un qui pourrait avoir la réponse

Je vous recommande vivement la troisième possibilité et si possible en équipe : se poser en équipe les questions du sens de ce que nous faisons ensemble est une source inépuisable d’information, de motivation et d’intelligence collective, comme décrit dans Manager avec les accords toltèques : Une nouvelle voie vers l’intelligence collective.

Et si, malgré vos interrogations diverses, il reste des questions sans réponses parmi les 8 questions, alors il sera sage d’abandonner ce que vous faites pour consacrer votre énergie à des vrais problèmes qui font sens pour vous ET l’équipe ET l’entreprise.

Et si cette question du sens en équipe était le terreau pour que :

– nous exprimions des faits et pas des jugements ?
– nous ne faisions pas de suppositions, mais posions des questions ?
– nous ne prenions pas les choses de façon personnelle, à l’aulne de nos egos ?
– nous agissions au mieux de nos possibilités en étant conscients de nos limites ?

…Je vous laisse réfléchir là-dessus ! (comme dirait Gustave Parking ;-))

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