Mai 192013
 

Les Chroniques Iniques sont des manuscrits autrefois disparus, qui ont été retrouvés récemment. C’est un recueil de pratiques qui semblent avoir été répandues à une époque lointaine. L’auteur  semble être issu d’un croisement hors nature entre Olrik et Zorglub, mais pour l’instant nous n’en savons pas plus. Les Chroniques Iniques ont manifestement été rédigées durant une période de grand changement des pratiques managériales, changement qui s’est produit dans notre futur. Elles nous renseignent ainsi sur ce qui nous attend sans doute, pour peu qu’on y prête attention, sans toutefois jamais se prendre au sérieux !    😉

Les derniers fragments retrouvés sont en cours de restauration et de déchiffrage. Ils présentent une stratégie en trois points pour se donner l’apparence d’un leader, sans forcément en être un : la stratégie SOT. Pour Sens, Objectif, Transparence.  Le premier document déchiffré, sur la Transparence, vous a été révélé la semaine dernière (lire ici). Cette semaine, le fragment décrypté traite du second point, la notion d’Objectif :

« … Et il sera alors  clé d’indiquer une direction très claire à votre équipe. Pour ce faire, rien ne vaut un objectif, ou mieux, un ensemble d’objectifs ! Veillez à ce que ces objectifs soient décrits de façon très précise et quantifiée. Qu’ils soient à la fois un challenge et réalisables. Vos subalternes auront alors un cadre précis dans lequel agir ainsi qu’une cible soigneusement délimitée dans le temps et dans l’espace. Rien de tel pour permettre un suivi et un contrôle efficace de ce qui se passe dans votre équipe. L’essayer, c’est l’adopter et il vous restera à être vigilant à ce que toute activité individuelle ou collective dans votre équipe soit  décrite en termes d’objectifs. Quel qu’en soit le domaine. Pour aller au niveau supérieur du contrôle, vous aurez alors deux possibilités :

– Demander à vos équipiers de proposer eux-mêmes leurs propres objectifs, sachant que vous êtes le seul à pouvoir les entériner et donc finalement décider de la direction à suivre.

Attribuer des objectifs individuels spécifiques à chacun pour atteindre des résultats communs dévolus à l’équipe, sachant que vous êtes le seul à pouvoir juger de leur réussite, et vous pourrez tantôt critiquer le travail individuel, tantôt le travail de l’équipe lorsque la période des entretiens individuels appellera à l’économie et à la parcimonie.

Ces deux points présentés ne peuvent exister que parce que vous êtes le chef, donc si vous les mettez en œuvre, vous serez le chef ! Ipso facto et sic transit gloria mundi !

Alors, bien sûr, vous entendrez des critiques. Certains vous diront que tout ne se pilote pas par objectif avec la même efficacité. Ils vous diront que dans certains domaines, un objectif précis peut réduire et limiter les possibilités même de réussite. Ils vous diront que les leaders savent parler d’objectifs lorsque c’est approprié et surtout savent parler d’intention, de la leur. A la différence de l’objectif, qui se place dans le futur et potentiellement ailleurs, l’intention est ici et maintenant. Dans certains domaines, l’objectif réduit et limite les possibilités, alors que l’intention ouvre le champ des possibles répondant à cette même intention. Pour un leader, partager son intention avec son équipe, permettrait de positionner les objectifs avec un sens partagé par tous…On aura tout entendu de la part de ces beatniks, que dis-je, de ces « Skippy » (ces grands gourous).  Ils disent même que parfois, le fait d’avoir une intention clairement perçue et partagée permettrait d’éviter de faire certaines erreurs dans la définition des objectifs, comme le piège classique qui consiste en faire d’un moyen un objectif. Par exemple qui consisterait à se focaliser sur la mise en place d’un outil ou d’un processus en oubliant pour quel bénéfice ou changement il est destiné. Et ils sont rusés ces Skippy, ils disent bien que l’intention est complémentaire des objectifs, que seuls les objectifs sont parfois inefficaces alors que l’intention est toujours utile pour la dynamique et l’efficacité d’une équipe à connaître et à préciser.

D’après ces doux-dingues, ce serait notamment le cas dans le domaine de l’innovation où l’intention serait primordiale pour lancer un chantier d’innovation alors que les objectifs tels que nous les considérons (de type SMART) n’interviendraient qu’après, une fois le champs d’innovation sérieusement défriché à partir de l’intention : bref c’est n’importe quoi : pourquoi faire compliqué quand c’est déjà compliqué ?  Je vous le demande ! »

Les Chroniques Iniques, page 1963.5, Septembre 2014

La semaine prochaine, peut être, si le travail de restauration du troisième vestige se passe bien, le troisième et dernier volet de la stratégie SOT sera dévoilé. D’ici là, voici quelques lectures :

Tao of Leadership: Lao Tzu’s Tao Te Ching Adapted for a New Age, J.Heider

La Fin du management : Inventer les règles de demain, G.Hamel

La vérite sur ce qui nous motive, D.Pink

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