Déc 012013
 

Un document d’une rareté incroyable a été mis au jour récemment : une conversation entre le Chef et un Skippy, stockée sur une tablette d’argile électronique. L’IPM présente aujourd’hui un des plus beaux résultats de ses fouilles curieuses :

« Chef : – J’en ai assez, l’entreprise est en crise. Une crise sévère. Je passe mon temps à soutenir mon équipe, je les aide à changer, je leur explique ce qu’ils doivent faire et tout ce que je reçois, ce sont des problèmes. Des problèmes qu’ils s’empressent de me mettre sous le nez,  pour me montrer que je me trompe.

Skippy :-Ce doit être très désagréable. Comment vivez-vous cette situation dans la durée ?

C : je vous l’ai dit, j’en ai marre ! Je le fais parce que c’est mon métier, mais des fois, j’ai l’impression de ne plus y croire vraiment moi-même. Pourtant, ils le savent que nous traversons une crise, que le seul moyen de nous en sortir c’est de changer notre façon de travailler.

S : Comment savez-vous que vos équipiers partagent votre point de vue sur cette crise ?

C : Ah ben, c’est pas faute de leur avoir expliqué ! J’en ai fait des présentations, de plus en plus détaillées ! J’y ai passé un temps fou. J’ai mis des photos, j’ai mis des chiffres, j’ai mis des animations… Mais j’ai l’impression qu’ils s’en foutent… Tout ce qu’ils veulent, c’est ne rien changer !

S : Corrigez-moi si je me trompe, c’est un peu comme si vous étiez le chef d’orchestre du Titanic, le bateau coule, et vos musiciens continuent à jouer malgré vos avertissements.

C : C’est un peu ça ! Oui… Ils continuent à faire ce qu’ils ont toujours fait, comme si c’était mon problème à moi, pas à eux.

S. : C’est ce que vous percevez ? C’est votre problème, pas le leur ?

C. : Non !… Oui…en fait oui, c’est à moi de me débrouiller pour leur montrer la voie à suivre.

S. : Comment connaissez-vous la voie à suivre ? Comment savez-vous que  c’est la bonne ?

C. : Ben c’est mon boulot !

S : Et votre boulot, qu’est-ce qui fait que vous devez l’assurer seul ?

C. : C’est le propre des leaders… la solitude du pouvoir !

S. : Ainsi un leader a du pouvoir et le pouvoir isole des autres…

C. : C’est tout à fait ça ! C’est comme ça que je vis la situation !

S. : Citez-moi des noms de leaders qui vous ont marqué d’une façon ou d’une autre

C. : Je ne sais pas moi… Gandhi, Martin Luther King…

S.. : En quoi était-ils des personnes seules, isolées des autres ?

C. : Ah ben non ! Eux ils étaient entourés ! Les gens étaient d’accord avec eux, ils les suivaient…

S. : Pourtant, ils géraient eux aussi de fameuses crises. Comment faisaient-ils ?

C. : Ah ça, je ne sais pas… C’est vrai…

S. : Avaient-ils des solutions toutes prêtes ? Disaient-ils aux gens ce qu’ils devaient faire ?

C. : Un peu oui, dans un sens…

S. : Leur disaient-ils, à ces gens, ce qu’il DEVAIENT faire ou ce qu’ils POUVAIENT faire ?

C. : Ce qu’ils pouvaient faire ! C’est vrai ! C’est tout à fait ça ! Ils leurs disaient qu’ils pouvaient faire changer les choses, qu’ils avaient ce pouvoir…(Rire du chef). Ah oui… ces leaders montraient aux gens le pouvoir de chacun à changer et que c’était possible… j’ai jamais fait ça moi !

S . : En quoi cela vous serait-il possible ? Vous n’êtes ni Gandhi, ni Luther King !

C. : Peut-être, mais j’ai une crise à résoudre avec mon équipe ! Et je sais qu’ils peuvent changer, c’est juste que je ne leur ai jamais dit ! Pire, je me rends compte que je fais fi de leur point de vue, de leurs compétences en leur donnant des solutions préfabriquées !

S. : Qu’allez-vous faire pour commencer ?

C. : Vérifier que nous avons la même compréhension de cette crise

S. : Comment allez-vous faire ? Une présentation ?

C. : Non ! Ca ne marche pas ! Je ne sais pas ce qu’ils savent au fond. Je vais le leur demander ! On va se rencontrer pour discuter, écouter chacun.

S. : Vous allez les surprendre, vos équipiers risquent de ne pas entrer dans votre nouveau jeu comme ça

C. : C’est pas un jeu ! Mais je comprend ce que vous dites, je le leur dirai. Moi aussi je peux changer…On prendra le temps qu’il faut.

S. : Admettons, et ensuite ?

C. : Ensuite, c’est tous ensemble que nous chercherons des solutions.

S. : Alors, votre équipe va perdre son leader ! Ils va se fondre dans la masse ! C’est la chronique d’une mort annoncée !

C. : Mais pas du tout ! Mon rôle, c’est de garder le cap, c’est de mobiliser l’équipe et de maintenir en permanence visible là où nous devons aller.

S. : Et les solutions toutes faites que vous aviez ?

C. : Je les proposerai parmi toutes les autres. Avant notre conversation, je pensais qu’une bonne idée était une idée dont le résultat est certain. Maintenant je me dis que  ce qui compte vraiment c’est de trouver les idées  qui  motivent les gens et qui pourraient marcher. La seule certitude est la motivation. Le résultat sera ce que nous en ferons. Ce n’est pas grave de se tromper tant que nous apprenons des choses qui nous feront progresser. Et ça peut aller très vite ! Une équipe qui réussit est une équipe qui a la permission d’échouer !

S. : Je propose de clore notre entretien, qu’en pensez-vous ?

C. : Tout à fait ! Merci d’avoir été là, je ne sais pas comment vous avez fait, mais c’est efficace !

S. : C’est moi qui vous remercie…

C. : Juste un dernier service… personne ne sait que je suis venu vous voir… alors si ça peut rester entre nous… »

Les Chroniques Iniques, pages dites ‘du Skippy’, -20 BC (Before Crisis)

 

Quelques lectures avant de prochaines fouilles :

 

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