Mai 072014
 

Encore un nouveau document très difficile à traduire qui est enfin publiable ! Il s’agit d’un nouveau texte original rédigé de la main de notre manager préféré : Le Chef.

Nota : Les chercheurs de l’Institut de Paléographie Managériale précisent que toute ressemblance, même lointaine, avec quelque situation entrepreneuriale, passée, présente et future, et qui pourrait amener le lecteur à réfléchir, est de la responsabilité du Chef, disparu dans notre futur lointain.

« Alors voilà, c’est la nouvelle mode en ce moment, il faut innover car il parait que c’est une question de survie… Ben voyons, comme si le monde commençait à changer aujourd’hui… Mais bon, difficile de lutter contre une mode, surtout quand elle arrive de partout et surtout de mes chefs à moi, qui me demandent d’être innovant. Comme si c’était une nouveauté ! L’innovation ça me connait, c’est juste qu’en ce moment, il y a des Skippies qui surfent éhontément sur cette nouvelle vague du moment ! Mais ils connaissent pas Raoul, ces mecs !  Il vont avoir un réveil pénible. J’ai voulu être diplomate à cause de mes bougres, éviter que le sang coule. Mais maintenant c’est fini, je vais les travailler en férocité, les faire marcher à coup de lattes ! À ma pogne, je veux les voir ! Et je vous promets qu’ils demanderont pardon, et au garde-à-vous !

Pardon, je m’emporte… Donc, d’après les grands gourous de ce même moment, les Innovateurs, avec un grand ‘I’ se révèleraient lorsqu’ils sont capables de conduire ou de manager les cinq activités suivantes (source : The Innovator’s DNA) :

  • Associer  : Les Innovateurs se trouvent bien souvent à « la croisée des chemins », ils sont capables de connecter des domaines apparemment différents au profit d’une idée conduisant à de l’innovation de rupture. En associant les connaissances de domaines très différents, il devient possible d’ouvrir des « brêches » dans les habitudes, de bénéficier de compétences nouvelles et utiles ( lire « L’effet Medicis », lien en fin d’article ), c’est ce que Steve Jobs décrit quand il explique comment il a pu connecter la calligraphie et l’électronique lors de la création du Mac, conduisant au premier ordinateur avec des polices de caractères innovantes et toujours d’actualité (voir lien en fin d’article).
  • Questionner : En fait, le secret de l’innovation n’est pas dans la solution, ni même dans les moyens mis en œuvre… il est dans la question que vous allez poser, en terme de challenge à résoudre ! Les Innovateurs sont capable de trouver et de poser la bonne question, en réponse à un challenge, un problème ou un projet. Il s’agit de la question qui va éveiller l’intérêt de l’équipe, tout en répondant à l’intention stratégique du moment (voir biblio en fin d’article)
  • Observer comment les personnes utilisent ce qui est à  changer, plutôt que leur demander ce dont ils ont besoin. Henry Ford aurait dit « Si j’avais demandé aux gens ce dont ils avaient besoin, ils m’auraient dit : ‘des chevaux plus rapides!' ». Les innovations de rupture ne viennent pas des demandes des clients, elle viennent le plus souvent de l’observation de leurs habitudes, de leur expérience. Personne n’avait réclamé l’Ipod, la voiture pour tous, l’ampoule électrique, et bien d’autres encore…
  • Travailler en réseau pour chercher des associations : dans l’innovation de rupture, nous ne savons pas forcément a priori de quelles compétences ou points de vue nous aurons besoin. Le plus simple est de ne pas faire d’hypothèse là dessus et de travailler en réseau, en couvrant les domaines les plus différents possibles.
  • Prototyper : pour tester leurs hypothèses, les Innovateurs utilisent deux types de prototypes, ceux qui permettent de tester des hypothèses techniques, dont le résultat est une mesure physique (ça marche ou ça ne marche pas), et ceux qui permettent de tester l’attraction pour le client (votre proposition telle quelle intéresse-t-elle les clients ?). Dans ce dernier cas, il s’agit de présenter un produit minimum viable à un panel de clients et d’observer ce qu’ils en font, comment ils l’utilisent, etc.

Alors moi je vous le dis, nous allons les battre sur leur propre terrain : je vais vous montrer comment moi je fais pour innover, en prenant à contre-pied chacune de ces élucubrations :

  • Je me focalise sur le domaine où je veux innover : si vous croyez que j’ai le temps, ou que mes bougres ont le temps d’aller papillonner le nez au vent soi-disant pour aller chasser des idées ailleurs ! Non, en bon manager de l’innovation, je limite clairement les recherches de mon équipe à son domaine de spécialité. C’est plus efficace, et chaque fois que certains fourbes sont allés chercher ailleurs, leurs idées étaient tellement bizarres que nous nous sommes moqués d’eux (sans qu’ils le sachent, naturellement, c’est comme ça que je reconnais mes bougres).
  • Je fixe des objectifs d’innovation, c’est bien plus puissant que poser des foutues questions ! L’objectif a le mérite d’être ni ici, ni maintenant mais aussi de présenter une contrainte ferme : il doit être atteint dans la forme où il a été décrit. Ceux qui échouent ne méritent pas de rester dans mon équipe, et ils le savent : du coup, ils ne prennent pas de risques. Quand ils anticipent un risque lié à leurs actions, ils viennent du coup me demander ma permission, ce qui me permet d’assoir mon pouvoir : je suis le chef, j’ai la maitrise de tout. Le fait est que j’ai quand même une équipe de bras cassés : il n’osent rien et produisent finalement que peu de résultats, mais par contre, ils sont très fort en discussions, réunions, débats etc.
  • Je demande à mes bougres de sonder les clients pour leur faire exprimer leurs besoins. Comme çà, au moins, je vais directement au but ! Je leur fourni ce qu’ils demandent ! Bon c’est vrai, ce sont surtout des améliorations de l’existant, et souvent ils s’en foutent… Mais bon, un jour ça viendra, on aura bien un client qui aura une bonne idée
  • Nous travaillons entre nous, c’est bien plus efficace. Ce qui compte, c’est de réunir les experts du domaine. Ce sont des gens qui se comprennent et du coup, ils passent moins de temps en élucubrations. Dès qu’une idée un peu bizarre est émise par un des fourbes de mon équipe, les experts savent la stopper, la détruire très vite avec des arguments percutants du type « Mais vous êtes en pleine science-fiction » ou  » Et à votre avis, ça va coûter combien » ou encore « Ca fait vingt ans que je creuse le sujet et personne n’avait encore osé me la sortir celle-là ! ». Bon, c’est vrai que sur certains sujet, j’ai l’impression qu’on tourne en rond… mais c’est vrai que j’ai une équipe de bras cassés. D’un autre côté, si on a créé des interfaces entre les fonctions de l’entreprise, ce n’est pas pour les mélanger ! Comme je dis toujours : « Chacun son équipe, chacun son budget, chacun son destin, surtout ne passe pas à ton voisin… »
  • Nous élaborons d’emblée la solution complète avant de la proposer à nos clients. Nous n’avons ni le temps, ni l’argent pour nous permettre de tester quoi que ce soit auprès de nos clients. En plus, quelle image auraient-ils de nous si nous leur montrions un produit pas vraiment achevé ? Je vous le demande ! Non, nous sommes des experts, donc nous savons ce qui intéressera le client. Alors nous travaillons dur pour obtenir à moindre coût une solution complètement ficelée, sur laquelle nous n’aurons pas à revenir. Et c’est bien là que nous voyons d’ailleurs l’ingratitude des clients ! Bien souvent, ils considèrent ce que nous leur offrons avec un genre de dédain, comme si ils s’en foutaient, après tout ce que nous avons fait pour eux. Ils demandent des modifications, des améliorations, mais ils ne se rendent pas compte qu’on a déjà tout optimisé pour eux comme pour nous ! C’est un éternel recommencement ! Non le problème dans l’innovation, c’est le Client ! »

Les Chroniques Iniques, page d’avant, 2014

Quelques lectures ou vidéos en attendant :

 

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