Mai 292014
 

Encore un nouveau document très difficile à traduire qui est enfin publiable ! Il s’agit d’un nouveau texte original rédigé de la main de notre manager préféré : Le Chef.

Nota : Les chercheurs de l’Institut de Paléographie Managériale précisent que toute ressemblance, même lointaine, avec quelque situation entrepreneuriale, passée, présente et future, et qui pourrait amener le lecteur à réfléchir, est de la responsabilité du Chef, disparu dans notre futur lointain.

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Alors voilà, c’est vraiment incroyable ! Tout allait bien, l’équipe surfait sur les problèmes habituels, sans stress puisque ce sont les même depuis dix ans, et voilà que des Skippies sont allés dire à mes chefs qu’il me fallait progresser en management et résolution de problèmes ! Et mes chefs les ont cru ! Voilà qu’ils me demandent de revoir ma façon de manager mes bougres lorsqu’ils rencontrent un problème difficile ! Ils disent que c’est surtout pour les problèmes non techniques que je dois changer ma façon de manager. Pourtant, quand ils m’avaient interviewé, je leur avais bien expliqué à ces fourbes que je savais faire… Non mais t’as déjà vu ça ? En pleine paix ! Ils m’interviewent gentiment et puis crac, un bourre-pif ! Ils sont complètement fous ces mecs. Mais moi, les dingues, je les soigne. Je vais leur faire une ordonnance, et une sévère… Je vais leur montrer qui c’est Raoul. Aux quatre coins du secteur qu’on va les retrouver, éparpillés par petits bouts, façon Puzzle. Moi, quand on m’en fait trop, je correctionne plus : je dynamite, je disperse, je ventile !

Pardon, je m’emporte… Donc, d’après les grands gourous du moment, pour mieux faciliter la réflexion, et donc la résolution d’un problème difficile, il y a quelques questions clés pour le manager, en présence d’un ou plusieurs bougres évoquant un problème qui les préoccupe:

  1.  Qu’est-ce que vous voudriez voir (et faire) se produire ? Ceci afin d’aider les personnes à se projeter dans l’espace des solutions plutôt que de rester dans l’analyse du problème qui parfois a tendance à tourner « en boucle »
  2. Vous souvenez vous d’une période où la solution existait, au moins en partie ? Qu’est-ce qui la rendait possible ? Ceci afin d’inciter les personnes à reconnecter avec à la fois leur expérience et l’aspect concret des choses
  3. Qu’est-ce qui vous fait penser que ce problème est difficile ou que ses solutions seront difficiles à mettre en place ? Est-ce toujours vrai ? Ceci afin d’explorer des croyance ou des certitudes qui pourraient être limitantes, afin de les challenger,
  4. Quelles sont les plus petites étapes que vous pouvez franchir qui auraient le plus d’effet ? Ceci afin de sortir de l’idée qu’il existerait une solution magique et ultime qui résoudrait tout d’un coup. Un problème peut se résoudre par petits bouts, pourvu qu’on avance, en cherchant à créer le plus de valeur possible à chaque plus petite étape possible
  5. Qu’est-ce que vous apprenez de cette conversation ?  Ceci afin d’inviter les personnes à prendre du recul, non seulement sur le problème, mais aussi sur leur processus de résolution, individuel et commun.

Mais c’est du bla bla tout ça ! Alors moi je vous le dis, nous allons les battre sur leur propre terrain : je vais vous montrer comment moi je fais pour motiver mes bougres tout en m’assurant qu’ils savent bien qui est le chef ici… je vais vous les présenter mes questions et vous verrez que là, c’est autre chose, c’est du brutal, du terre à terre, je les travaille en efficacité, c’est mon rôle. Les voici mes 5 questions favorites :

  1. Quel est votre problème ? Comme ça au moins c’est clair : ils savent que je sais qu’ils ont un problème et que je vais donc les aider
  2. Quelles sont les causes principales ? Quand je suis en forme, je parle comme un skippy, je leur dis « C’est quoi les Root Causes ? », là ils voient qu’ils ont à faire à un chef qui s’y connait. Souvent ils ont du mal à répondre, ils s’emberlificotent dans des justifications et là, Paf ! je leur dis qu’ils doivent être plus rationnels, plus scientifiques et surtout plus rapide dans leurs analyses. Je leur montre que moi je peux en trouver des root causes, j’en fais généralement une liste à la Prévert pour leur montrer tout ce à quoi ils n’ont pas pensé. Normal, y en a un qui pense… le Chef…Moi.
  3. Qui a généré le problème ? Parce qu’il ne faut pas se leurrer, la principale root cause d’un problème, c’est le mec ou la nénette qui l’a générée ! Une fois qu’on tient le coupable, même si on trouve pas la solution, on s’en sort !
  4. Qu’est-ce que vous avez déjà essayé et qui n’a pas marché ? Celle-là, je l’aime bien. Elle me permet de leur montrer à quel point ils s’y prennent mal, et qu’ils auraient du venir me voir avant. Ça leur aurait évité de perdre du temps ! Ça me permet aussi de juger efficacement de la pertinence de leurs actions et de leur montrer que moi, j’aurais fait autrement : c’est pour ça que je suis le chef.
  5. Pourquoi vous n’avez toujours pas été capable de résoudre ce problème ?  Celle-là, c’est ma préférée ! Elle me permet de leur faire prendre du recul sur leurs lacunes et manquements. Cette question leur permet d’analyser ce qu’ils pourraient éventuellement changer pour éventuellement réussir. Mais surtout, elle me permet de leur rappeler que ce qui compte, c’est de résoudre ce problème, et vite. Je fais ce que je peux pour les protéger, car je suis le chef, mais je ne pourrai pas tenir très longtemps : il faut qu’ils s’y mettent vraiment !

Voilà : avec moi, pas de chichi, on va droit au but, là où ça fait mal, sans détour et ceux qui restent sont assurément les meilleurs. Bien sûr, les skippies m’ont dit que c’était pas terrible comme approche, qu’aujourd’hui, poser des questions est un art, c’est presque scientifique comme l’explique la vidéo ci-dessous que je vous déconseille fortement !

Alors, les skippies m’ont proposé de faire l’exercice une fois, de poser leurs questions à eux, juste pour voir, pour comparer… Et pourquoi je comparerais quoi que ce soit ? Si quelqu’un doit évoluer, ce sont mes bougres, c’est à eux d’être plus efficaces à résoudre les problèmes de l’entreprise, avant qu’ils deviennent les miens !  »

Les Chroniques Iniques, pages de la connerie ordinaire, 1420

Un peu de lecture subversive… :

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