Nov 102018
 

Avertissement
« Toute lecture des Contes de la Connerie Collective, sans compréhension préalable du-dit avertissement,
n’engage que son lecteur et réciproquement.


Note des chercheurs de l’IPM (Institut de Paléographie Managériale) : « Voici finalement traduit et publié le soixante-quatrième et dernier volet des Contes de la Connerie Collective. On n’est pas fâchés d’en arriver au bout ! D’un autre côté, ce dernier conte nous permet de comprendre certaines choses pour nos recherches futures…comme quoi, on n’a pas le cul sorti des ronces…D’ici-là, bonne lecture, et à la revoyure ! »


C’était une fin de journée presque comme les autres.

Le Chef et la Bougre Complice s’étaient retrouvés dans ce bar, pas très loin de l’Entreprise. Il avaient commandé chacun une bière et se réjouissaient. Plus tôt dans la journée, le projet d’innovation de rupture avait été officiellement clos avec les satisfécits des membres du Conseil sauf un, le GISPEP, qui était absent. Le projet avait été un succès sans précédent : il était à l’heure et fournissait l’ensemble des résultats attendus. Pourtant, le Conseil, considéré comme le principal client de ce projet, avait changé d’avis plusieurs fois et l’équipe menée par la Bougre Complice avait su s’adapter rapidement.
« À la vôtre et au projet ! dit le Chef en levant son verre à l’adresse de la Bougre Complice.
-A la vôtre, et sans rancune ! dit la Bougre Complice.
-Sans rancune aucune et je vous présente à nouveau mes excuses, c’est vous qui aviez raison dès le début, il m’a fallu du temps pour le réaliser.
-Ce qui compte, c’est que nous ayons traversé cette aventure avec succès ! »
Sur ces mots, le Bougre au Stagiaire, mieux connu sous le nom de GROC, rejoignit les deux compères à leur table :
« Alors vous deux ? Vous devez être contents et soulagés ! dit le GROC en s’installant avec sa chope de bière blonde.
-Très contents ! dit le Chef.
-Soulagés aussi, et un peu déçus, dit la Bougre Complice.
-Déçus ? s’étonna le GROC. Qu’auriez-vous voulu de plus ?
-Déçus, c’est un peu fort comme mot… Disons qu’à un moment on a cru que l’Entreprise allait faire basculer ses pratiques vers l’Agilité…
-Ah ça ! reprit le GROC. C’était un beau rêve, mais il n’y a que nous qui rêvions !
-Faut croire… dit le Chef.
-Pourtant ce que vous avez fait a changé des choses dans l’Entreprise, dit le GROC.
-Ah bon ?
-Déjà, le GISPEP a été viré hier soir pour deux raisons. La première, c’est la réussite de votre projet qu’il n’a pas su déployer sur d’autres projets, et la deuxième, c’est de ne pas avoir su gérer un portefeuille de projets avec la moitié des ressources nécessaires, expliqua le GROC.
-Mais comment vous savez ça ? demanda le Chef.
-Figurez-vous que vous parlez au GROC en Chef, et que je rapporte directement au Conseil ! C’est un autre impact de vos actions ! dit le GROC en riant.
-Félicitations, dit la Bougre Complice en levant son verre.
-Merci ! Déjà que le GISPEP avait sorti le Yogi, le voilà maintenant qui suit le Yogi, ajouta le GROC.
-Vous savez ce qu’il va devenir ?
-Le GISPEP ?
-Oui, le GISPEP, dit la Bougre Complice.
-Eh ben c’est pas banal, figurez-vous qu’il va monter une affaire avec devinez qui … le Yogi !
-Quoi ?
-Oui ! Initialement, le Yogi voulait monter une tannerie vegane pour faire des portefeuilles projets en cuir bio, mais depuis que le GISPEP l’a rejoint, ils montent un ashram tibétain en Ardèche pour cadres stressés en quête d’identité Agile. Le Yogi avait un slogan genre : ‘Faut pas faire suer le burnout’, mais je crois que le GISPEP l’en a découragé.
-Ça marche, ça, un ashram agile ?
-C’est juste une question de prix, si c’est très cher, il y a des chances que ça marche, dit le Chef en finissant son verre.
-Et les tarifs du GISPEP et du Yogi sont parait-il très très très chers ! dit le GROC.
-Grand bien leur fasse, dit la Bougre Complice, mais ç’aurait été bien que l’Entreprise devienne Agile !
-Là, il n’ y a plus d’espoir à court terme, dit le GROC. La note de service officielle du Conseil va paraitre et en gros ça dit : ‘l’Entreprise se recentre sur ses anciennes pratiques managériales séculaires. Le projet d’innovation de rupture, par son succès, a démontré la spécificité et les limites des ces nouvelles approches à la mode. L’Entreprise a testé ces méthodes et les maitrise maintenant suffisamment pour choisir de ne pas les utiliser à l’avenir. Le souci premier de l’Entreprise est le profit assuré par des Bougres en sécurité et seules les voies de la tradition managériale mèneront à l’accomplissement du Conseil et de chacun.’
-Ah ben merde… Ce coup-là, c’est bien fini, dit la Bougre Complice. Au moins comme ça, on n’aura pas de nostalgie !
-Comment ça, demanda le GROC.
-On envisage de partir, dit le Chef, de quitter l’Entreprise. Pour ma part, je vais prendre du temps pour moi…
-Et moi, je suis chassée par plusieurs cabinets de recrutement avec des propositions intéressantes liées à l’expérience que j’ai accumulée avec cette innovation de rupture, dit la Bougre Complice.
-Ah dites donc, ça va faire un changement ! dit le GROC. Et vous savez pour les deux autres compères du GISPEP ?
-Le gars du MAIGRE et le mec du 12 Delta ? Non.
-En fait, ça fait un moment qu’ils traitent directement avec certains membres du Conseil et ils ont finalement été recrutés…
-Pour quoi faire ?
-Ils sont recrutés pour gérer le processus du Bien Être Obligatoire au Travail…
-Quoi ? C’est dingue, ils représentent tout le contraire !
-Pas tant que ça ! En fait, ils ont fait une proposition d’acronyme et sur ce processus-là, personne n’en trouvait un : ce qui avait valu à l’ancien responsable d’être viré !
-Ah oui, je me souviens… Mais qu’est-ce qu’ils ont proposé ?
-Ils ont proposé d’être innovants…
-…
-Et ils ont proposé le processus du Bien Être Obligatoire au Travail par l’Innovation Emphatique et Naturelle…
-Ah la vache… comme quoi les mots, rien que les mots…»
Le GROC était allé commander d’autres bières pour la tablée quand le Fourbe et le Skippy s’attablèrent avec la petite équipe :
« Bonjour les Skippies ! s’exclama la Bougre Complice.
-Pas la peine de le crier sur les toits, dit le Fourbe amusé.
-N’empêche que c’est officiel maintenant, dit le Skippy, ma succession est là !
-J’ai encore du travail, dit le Fourbe, je suis pas encore au niveau.
-Moi je trouve pas, dit le Chef, vous êtes bien un Skippy !
-Et puis je profite de l’occasion pour vous faire une petite annonce, dit le Skippy alors que le GROC se réinstallait.
-Racontez !
-Ça reste entre nous, hein ? dit le Skippy.
-Bien sûr !
-Voilà… Je pars à la retraite dans un mois…
-Ah bon ? dit la Bougre Complice avec tristesse. Vous êtes sûr ?
-Sûr ! J’ai fait mon temps et le nouveau Skippy est de taille à s’attaquer aux nouveaux challenges de l’Entreprise, surtout depuis qu’elle a décidé de redevenir comme avant ! Le Conseil va avoir besoin des lumières d’un Skippy jeune, pas d’un vieux machin comme moi !
-Bon… dit le GROC, ben vous allez nous manquer ! Déjà le Chef et la Bougre Complice qui veulent se tirer, maintenant vous…
-Dites, vous partez pas avant qu’on ait fini, dit le Fourbe au Chef.
-Fini quoi ? demanda la Bougre Complice.
-Puisqu’on en est aux annonces, dit le Chef… Le Fourbe et moi, on met par écrit notre expérience du changement de ces dernières années.
-On a choisi de prendre les choses à contrepied, dit le Fourbe, comme les aurait vues le Chef s’il n’avait pas changé…
-Bon ben ça va ! dit le Chef. C’est vrai, j’ai été con… Mais maintenant ça nous permet de parler de la connerie, surtout de la connerie ordinaire, celle de notre quotidien, insidieuse…
-En fait, ajouta le Fourbe, on écrit des petits textes que les initiés peuvent comprendre. Ce sera un peu comme un guide de la Connerie. Ça s’appellera le ‘Tao de la Connerie Ordinaire’.
-Vous nous ferez passer un exemplaire ! dit le GROC.
-Avec grand plaisir, dit le Chef.
-Et vous, dit la Bougre Complice en s’adressant au Skippy, qu’est-ce que vous allez faire de votre retraite ?
-Eh bien, déjà, je vais finir ce que j’ai entrepris sur les conseils du Fourbe. Je suis en train d’écrire un livre, un traité regroupant tout ce que je sais, destiné à ceux qui peuvent le comprendre… Ça s’appellera ‘le Traité du Skippy’ ou ‘Tractatus Logico-Innovatus’.
-Wow… Tracta quoi ? dit le GROC.
-Tractatus Logico-Innovatus, répondit le Skippy avec son sourire des grands jours, j’aime bien Wittgenstein… »
L’arrivée du Stagiaire, en retard, sauva le GROC. Le Stagiaire s’attabla, saluant chacun en levant son verre.
« Et toi ? Qu’est-ce que tu deviens ? lui demanda la Bougre Complice.
-Moi, c’est super, j’ai dégoté un nouveau stage chez EVE, le service Espaces Verts et Environnement. Ils ont besoin d’un jardinier et comme j’ai un diplôme de Data Mining… dit le Stagiaire en prenant une première gorgée de bière.
-…
-Au fait, reprit le Stagiaire en regardant la Bougre Complice, je peux vous poser une question que j’ai jamais osé vous poser ?
-Euh… oui… pourquoi pas, dit la Bougre Complice en regardant ses collègues d’un œil inquiet.
-Votre projet d’innovation de rupture, c’était quoi ?
-Tu le sais pas ?
-Ben non, désolé… J’ai pas pensé à vous le demander au début et après j’ai plus osé…
-Pas de souci, dit la Bougre Complice. Le projet d’innovation de rupture était un véritable challenge pour l’Entreprise, son Conseil, ses Chefs et ses Bougres. Le projet d’innovation de rupture consistait en une nouvelle cafétéria avec des plats originaux et attractifs, on testait nos prototypes pratiquement chaque semaine… Je me demande comment tu as pu louper ça !»

L’absence de ressemblance avec un quelconque chapitre précédent montre bien que c’est la…

FIN

Dans le prochain épisode : « Il n’y a pas de prochain épisode, il faut vous le dire comment ? »


Note des chercheurs de l’IPM (Institut de Paléographie Managériale) : le premier verset du Tao de la Connerie Ordinaire est disponible en cliquant sur le lien qui précède. Nous savons maintenant qui l’a écrit ! Reste à trouver les vestiges du Traité du Skippy, et comme il l’a écrit dans un futur lointain, c’est pas sûr qu’on en retrouve grand chose, mais on sait jamais, on vous tiendra au courant, et réciproquement.


Lien vers le Glossaire Inique

Lien vers la Table des Matières

Lien vers la Bibliographie

Nov 032018
 

Avertissement
« Toute lecture des Contes de la Connerie Collective, sans compréhension préalable du-dit avertissement,
n’engage que son lecteur et réciproquement.

C’était le gars du MAIGRE qui avait apporté la nouvelle. Pour ce dernier, c’était une très bonne nouvelle. Mieux, c’était sa guérison. Mieux encore, c’était la confirmation officielle, inébranlable et indiscutable que sa quête était juste, depuis le début et malgré les adversités qu’il avait rencontrées.
Pour le GISPEP, la nouvelle n’avait pas la même saveur. Ni la même odeur, ni même la même couleur. La nouvelle était plutôt un gouffre sombre aux contours flous qui semblait absorber tout ce qui s’en approchait de trop près. Et le GISPEP avait la sensation d’être trop près.
Le Mec du 12 Delta cherchait à comprendre comment et surtout qui avait pu être à l’origine de la décision que propageait cette nouvelle. Il s’agissait de s’assurer que ce n’était pas une rumeur. Ou, si jamais il s’agissait d’une rumeur, d’en connaitre l’émetteur irresponsable afin de l’en châtier. Mais ce n’était pas une rumeur, c’était bien officiel.
Le Yogi semblait réfléchir intensément, à moins qu’il ne s’en foutut éperdument. Nul n’aurait pu ou su le dire. Il était silencieux, dans un sari violet largement échancré qui laissait voir que son eczéma généralisé évoluait maintenant vers une dermatite pustuleuse, ce qui l’avait décidé à renouer avec une certaine hygiène corporelle.
« Mais c’est impossible, dit le GISPEP abasourdi.
-Bien sûr que c’est possible, dit le gars du MAIGRE, et c’est LA voie à suivre !
-Mais vous êtes con ou quoi ? s’énerva le GISPEP. Je fais quoi, moi, maintenant ?
-Faut dire que c’est la merde, dit le mec du 12 Delta. C’est le Conseil qui nous fout dedans, et pas qu’un peu.
-Dans ‘Conseil’, il y a… ’seil’, dit le Yogi.
-…
-Moi je dis ça pour élargir le débat, se plaignit le Yogi. Si vous en voulez pas je la remets dans ma culasse !
-…
-Quand même… Quand je pense qu’on a viré la moitié de l’effectif pour faute grave… dit le GISPEP rêveur. L’idée était bonne, ça permettait de renouveler les troupes et d’envoyer un message fort de motivation à ceux qui restaient. C’était même une idée du Chef du Conseil…
-Et là, je suis d’accord ! En virer un maximum, c’était ce qu’il fallait faire, insista le gars du MAIGRE.
-Mais bordel, ça aurait marché si le Conseil n’avait pas gelé les embauches hier ! On ne peut plus embaucher, pas même des intérims ! Ils ont décidé ça entre eux au Conseil ! Sans m’en parler ! Mais merde, je fais partie du Conseil, moi aussi ! Résultat ? Il nous manque 50% de notre effectif, qu’on peut pas remplacer, et on a des projets tout le tour du ventre !
-Mais cette histoire de ressources illimitées ? demanda le mec du 12 Delta. C’est bien eux qui l’avaient décidée, non ? Faut vous battre, c’est eux qui nous foutent dans la merde, c’est eux qui vont foutre l’Entreprise dans la merde ! s’insurgea le mec du 12 Delta.
-Se battre ? ricana le GISPEP. Ben voyons… »

La réunion s’était terminée là-dessus, le GISPEP avait donné rendez-vous à ses trois sbires le lendemain, même endroit, même heure. Le Yogi avait demandé s’il s’agissait de l’heure de début ou de l’heure de fin.

Le lendemain, la discussion avait repris :
« Alors, je suis allé me battre, ouvrit le GISPEP. Je suis allé voir un des membres du Conseil en qui j’avais confiance…
-Et ? demanda le mec du 12 Delta.
-Ben j’avais tort de lui faire confiance… Quand je lui ai expliqué la situation, notre situation, il s’est marré et il m’a dit texto : ’Trop de ressources, ça va pas, pas assez de ressources, ça va pas non plus… A part des excuses, finalement, qu’est-ce que vous cherchez en Recherche et Développement ?’
– La vache, ça, c’est dur, dit le gars du MAIGRE.
-DUR, c’est 4 points au Scrabble, dit le Yogi.
-…
-Sauf si on le met sur une case spéciale, ça peut aller jusqu’à 12 ou même…
-Bon ! On peut bosser ? interrompit le GISPEP.
-N’empêche, avec ‘DUR’, on peut faire ‘ENDURCIS’, insista le Yogi, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort !
-Mais il a raison, dit le mec du 12 Delta, c’est une nouvelle épreuve dont nous sortirons endurcis !
-Qu’est-ce qu’on a comme atout ? demanda le gars du MAIGRE.
-Là, comme ça, tout de suite, je vois pas, dit le GISPEP.
-Ah si, quand même, il y a le projet d’innovation de rupture de la Bougre Complice, risqua le Yogi, et puis il y a FLEXTOR.
-C’est pas faux, dit le gars du MAIGRE. En plus, ils n’ont pas besoin de ressources supplémentaires, eux.
-Et ce sont des succès qui nous doivent beaucoup, à nous, avec tout ce qu’on a fait pour eux, ajouta le mec du 12 Delta.
-Le problème, c’est que FLEXTOR s’est bien propagé dans pratiquement toute l’Entreprise, sauf au Conseil, dit le Yogi.
-Faut pas déconner non plus, dit le GISPEP. C’est quand même des idées à la con que propage FLEXTOR, mais tant que ça fait plaisir aux Bougres, on va pas s’en priver. De là à les appliquer au Conseil, on est quand même au dessus de ça ! En plus, c’est nous, les membres du Conseil, qui décidons tout et jusque-là, ça a très bien marché !
-Oui, mais là, ça nous aide pas, insista le Yogi. Si FLEXTOR avait atteint le Conseil, on aurait un terrain de discussion commun.
-Mais on l’a ! réagit le GISPEP. C’est notre FISTULE !
-Personnellement, je n’ai rien de ce genre, dit le gars du MAIGRE.
-Mais si, c’est la méthode que nous avons créée, la ‘Flexibeule Innovative and Statisticale Technique for Universal Leadership in Economics’.
-Mais elle n’a rien de commun avec FLEXTOR ! dit le mec du 12 Delta. Et si on se plante en essayant de le faire croire au Conseil, c’est nous qui allons être vus comme responsables !
-Moi, j’irais pas non plus ! dit le gars du MAIGRE.
-Il y a 4 lettres en commun entre FLEXTOR et FISTULE, c’est un atout au Scrabble et c’est un signe ! s’exclama le Yogi en pointant le GISPEP. Moi, j’y vais avec vous ! »
Sur ce, le gars du MAIGRE et le mec du 12 Delta étaient sortis du bureau du GISPEP et marchaient de concert dans le couloir :
« Si vous voulez mon avis, dit le gars du MAIGRE, ça pue !
-Je suis bien d’accord, ça pue et il faudrait pas qu’on pense que c’est à cause de nous, répondit le mec du 12 Delta.
-Le mieux, ce serait de nous positionner tous les deux vis-à-vis des membres du Conseil… dit le gars du MAIGRE.
-Et en dehors de l’influence du GISPEP, dit le mec du 12 Delta.
-On se comprend, dit le gars du MAIGRE.
-On s’est compris, dit le mec du 12 Delta. »

Pendant ce temps, la Bougre Complice était chez le Skippy avec le Chef :
« On voit la fin du projet ! s’exclama la Bougre Complice avec un grand sourire.
-On aura bien bossé ensemble, dit le Chef, un dernier coup de rein et c’est terminé !
-Attention, dit le Skippy, faites attention !
-Comment ça ? s’étonna la Bougre Complice.
-Voir la ligne d’arrivée peut inciter à accélérer en se focalisant sur le ruban, dit le Skippy. Et vous risquez de ne pas voir les derniers obstacles sur la route ou pire, d’autres coureurs qui pourraient vous couper la route…
-Ben on fait quoi alors ? demanda le Chef.
-Continuez sans rien changer dans votre rythme, ne considérez que vous êtes arrivés que lorsque vous avez effectivement franchi la ligne d’arrivée avec toute l’équipe et tout, absolument tout ce que vous avez à fournir, expliqua le Skippy.
-Vous êtes rabat-joie ! dit la Bougre Complice.
-Disons que je suis réaliste, dit le Skippy, et je compte bien être de la partie quand vous arroserez votre succès !
-N’empêche, on touche vraiment au bout, tous les gros trucs bien incertains sont derrière nous, ce qu’il reste, c’est plutôt des formalités, de la paperasserie…
-Ne négligez rien, si vous trébuchez à un mètre de la ligne, vous ne la franchirez pas et personne ne viendra vous dire que c’est pas grave ! L’échec reste l’échec, même à quelques centimètres du but ! insista le Skippy.
-Note, c’est pas faux, dit le Chef à la Bougre Complice. Si on se plantait maintenant, après tout ce qu’on a vécu, ce serait rageant !
-Mouais… soupira la Bougre Complice un peu déçue.
-Faites pas cette tête, dit le Skippy, faut vous détendre ! On va manger ? C’est encore une journée ‘Inverted Cooking’, sur le salé-sucré : tout ce qu’on sucre habituellement est salé, et réciproquement. Aujourd’hui, c’est huitres chaudes caramélisées au sucre de canne avec leur sirop fraise-banane au sel de Guérande, il parait que c’est super ! »

Toute ressemblance avec un chapitre précédent montre bien qu’il s’agit de deux chapitres distincts, et réciproquement.

Dans le prochain épisode : « La fin… Mais ça c’est une autre histoire ! »

Lien vers le Glossaire Inique

Lien vers la Table des Matières

Lien vers la Bibliographie

lectures d un mamnager-coach - www.olivierlecointre.fr - tous droits réservés