Oct 062018
 

Avertissement
« Toute lecture des Contes de la Connerie Collective, sans compréhension préalable du-dit avertissement,
n’engage que son lecteur et réciproquement.

L’accélération avait été foudroyante.
Le GISPEP, croyant que la Bougre Complice surfait sur la promesse de ressources illimitées donnée par le Conseil, s’était mis en ordre de bataille pour la devancer. Le GISPEP avait convoqué l’ensemble des GISPEP secondaires (car il était le principal, le premier, l’unique) pour faire une synthèse des portefeuilles de projets représentés au sein de la R&D, la fonction qu’il dirigeait. Cette synthèse montra que seuls quelques projets étaient actifs, ceux de première priorité, dénommés ‘PMAX’, alors qu’un grand nombre de projets, moins prioritaires comme les ‘PMOY’, végétaient voire étaient au bord de l’oubli. L’oubli, c’était le cas des ‘PMIN’, au nombre incroyablement élevé car ils réunissaient tous les projets qui avaient été déclarés uniquement comme moyen détourné pour justifier certains effectifs peu occupés.
Le sang du GISPEP ne fit qu’un tour. Il se souvint que son enjeu était d’obtenir des innovations de rupture en grand nombre dans l’entreprise, sans toutefois changer les habitudes de chacun. Il se souvint aussi que le premier réflexe des décideurs face à une innovation de rupture était le ‘beurk’, la réaction négative, le rejet. Sachant que le ‘beurk’ était aussi la propriété principale des projets PMIN, il en déduisit qu’ils contenaient forcément des innovations de rupture. Il ordonna alors à tous les départements de R&D de lancer activement l’ensemble des projets ‘PMIN’, ce qui revint à multiplier en gros par six la charge sur les Bougres.
Face aux levées de boucliers de l’ensemble de l’encadrement, le GISPEP, sur les conseils du Yogi, avait aussi pris deux décisions.
D’abord, il était crucial que les projets et les ressources soient parfaitement synchronisés et que le GISPEP soit au courant de tout retard potentiel qui aurait mis à risque sa position au Conseil. Le Yogi lui avait vendu sa méthode qui permettait selon lui de synchroniser et coordonner autant de projets qu’on voulait sans effort. Cette méthode s’appelait la ‘Synchronisation & Coordination Ultimate Methodology’ et consistait à recueillir sur des post-it collés au mur toutes les actions en retard d’un projet de façon à ce que les responsables de ces-dites actions prennent conscience de leur nuisance à l’encontre de leurs collègues et de l’entreprise. Ainsi, il avait ordonné qu’à compter d’aujourd’hui, tous les projets soient pilotés en mode SCUM.
Ensuite, il se rendit compte que l’information des retards ne remonterait pas toute seule et que les GISPEP secondaires ne pouvaient pas être partout. Il activa alors la permission de ressources illimitées pour embaucher 20 personnes qui assureraient la remontée des noms des responsables d’actions en retard. Cette remontée devait se faire de façon quotidienne, sous forme de rapports synthétiques détaillés et structurés. Il créa ainsi une nouvelle équipe, la ‘BAG’ pour ‘Brigade d’Action Globale’, dont la raison d’être était de garantir l’engagement et l’avancement harmonieux des projets. Spécialisés en SCUM, les acteurs nouvellement embauchés de cette brigade étaient dénommés les SCUMBAGs.

Ce fut le troisième jour après que ces décisions furent mises en oeuvre que le GISPEP convoqua son trio de consultants. Dans son bureau, à l’heure dite, seuls le mec du 12 Delta et le Yogi étaient présents.
« Il est où le gars du MAIGRE ? Il est jamais en retard, on l’attend ou quoi ? demanda le mec du 12 Delta.
-S’il est pas là, il est sûrement ailleurs, dit le Yogi en allumant les bâtons d’encens.
-On l’attend pas, dit le GISPEP, il est en arrêt maladie chez lui, burn-out profond, a dit le médecin. Il attend l’O.R.G.A.S.M.E. (Note de l’IPM : l’Organisme de Régulation Globale des Accidents, Sinistres et Malheurs des Employés), pour évaluer ce qu’il nous doit, dit le GISPEP.
-Ah merde ! Qu’est-ce qui arrive ? demanda le mec du 12 Delta, on y est pour rien j’espère !
-Non, pour rien, c’est juste lui qui a pas supporté qu’on recrute des gens alors qu’il s’échine à tout réduire en permanence, dit le GISPEP, il faut qu’il apprenne à gérer ses obsessions, c’est tout.
-Ah ok, dit le Yogi, tout va bien, alors !
-Tout va bien, dit le GISPEP.
-Ouf ! Ç’aurait pu être grave, conclut le mec du 12 Delta.
-Mais dites, comment ça se passe sur le terrain ? J’ai reçu les premiers rapports, ils font une vingtaine de pages, il y a presque tout l’effectif de la fonction qui met nos projets en retard, déclara le GISPEP.
-Ben oui, c’est le cas, dit le Yogi. Comme il y avait beaucoup de projets à mener, on s’est dit qu’il fallait mettre la pression pour être sûrs que les Bougres comprendraient que c’est important. Alors on a réduit aussi les délais pour chaque projet, comme ça il peuvent pas dire qu’ils sont pas au courant.
-Et en plus, ça nous exonère de toute responsabilité : s’ils y arrivent pas, c’est pas de notre faute ! On a mis des ressources supplémentaires avec les SCUMBAGs qui sont là pour les aider à y voir plus clair.
-Pas mal ! sourit le GISPEP, mais les SCUMBAGs comment ils se sentent ?
-Ils sont très contents, dit le Yogi, car ils se sentent vraiment impliqués dans l’action et les futurs résultats de l’Entreprise.
-Et puis on les a bien formés pour qu’ils n’entrent jamais dans des discussions opérationnelles. Quand une action est en retard, qui est le responsable ? C’est leur seule question, dit le Mec du 12 Delta.
-Bien ,bien, je vais pouvoir expliquer à mes pairs du Conseil que les retards sont sous contrôle, car identifiés et consolidés. Cela devrait les rassurer et surtout leur montrer qu’on utilise les ressources à bon escient, dit le GISPEP.
-Et avec parcimonie, ajouta le mec du 12 Delta à qui le gars du MAIGRE manquait cruellement.
-Avec qui ? demanda le Yogi.
-… Le seul truc qui me gène, c’est qu’aucun des membres de l’équipe de la Bougre Complice n’apparait, dit le GISPEP.
-Juste une question de temps, conclut le Yogi.»

Pendant ce temps, la discussion était vive entre le Chef et la Bougre Complice :
« Non, je ne vais pas me mettre à tout vérifier, dit la Bougre Complice fermement.
-Mais c’est ce que fait le GISPEP, on va se faire allumer ! insista le Chef.
-Allumer sur rien du tout ! C’est pas la première fois qu’on vit une situation pareille, la dernière fois, vous étiez le chef de mon chef et vous étiez bien content de ce qu’on a fait ! rétorqua la Bougre Complice.
-N’empêche qu’il nous faut des détails sur ce qu’ils font !
-Qui, ‘ils’ ?
-Ben les Bougres, bordel ! se fâcha le Chef.
-Les Bougres, c’est des pros, je leur fous la paix, par contre nous allons nous assurer que nous ne travaillons, tous, que sur des trucs utiles…
-Donc faut bien qu’on leur dise quoi faire !
-Ben non ! Il suffit qu’on fasse notre part pour connaitre l’utilité des demandes reçues à la bourse aux projets. Seuls nos clients, ceux qui demandent, le savent ! Donc on s’assure qu’il n’y a que des demandes utiles, les Bougres choisiront ensuite leurs projets et à partir de là, on leur fout la paix !
-Mais ça peut pas marcher, merde ! s’énerva le Chef.
-Et pourquoi donc ?
-Parce que… on contrôle rien…
-Si ! C’est une situation de crise, notre rôle à tous les deux est de nourrir l’équipe avec les trucs utiles aux clients, et rien d’autre ! C’est ce qu’on a fait la dernière fois et ça marche super bien ! La preuve, on a des délivrables en retard ? testa la Bougre Complice.
-Ben oui… c’est vrai, pas beaucoup par rapport aux autres équipes…
-Aucun en fait… Et les clients râlent ?
-… Pas vraiment, ils sont contents avec ce qu’on leur fournit…
-Parce que ça leur est utile immédiatement ! Rappelez-vous, c’est ce qu’on a fait la dernière fois et vous allez pas m’emmerder cette fois ! (Note de l’IPM : relire ‘élever par la chute libre’ et ‘le Yack et l’Oiseau’)
-Quand même… dit le Chef en lâchant prise… Quand même… On va se faire mettre…
-On verra, conclut la Bougre Complice ».

Le silence régnait dans le bureau de la Bougre Complice, le Chef restait assis, perdu dans ses pensées, puis il reprit :
« Et pour le SCUM ?
-Le scRum insista la Bougre Complice, le scrrrrum !
-Ah non, le GISPEP dit bien le SCUM !
-Ben oui… Ben non ! Je sais pas d’où sort le SCUM, mais l’approche agile en pilotage de projet, c’est le SCRUM, ça veut dire ‘mêlée’, comme en rugby quand toute l’équipe pousse dans la même direction. On l’utilise là où il est utile, sinon on s’en encombre pas !
-Ah… Bon…». Le Chef plongea à nouveau dans ses pensées et le silence revint.

Le Chef semblait réfléchir en silence et la Bougre Complice griffonnait sur la feuille devant elle lorsque la porte s’ouvrit et que le Fourbe entra :
« Bonjour à vous deux ! Je passe vous chercher, on va manger ? C’est le concours du plus gros mangeur avec un buffet ‘All you can eat’, tout à base de foie de porc cru ou mariné à l’aneth…
-Encore de l’aneth ? Je suis pas sûre… dit la Bougre Complice.
-Y a aussi une marinade ail-abricot! Et celui qui mange le plus fait gagner son équipe ! Il parait que c’est super ! »

 

Toute ressemblance avec le chapitre précédent montre bien qu’il s’agit de deux chapitres distincts, et réciproquement.

Dans le prochain épisode : « Le GISPEP empowère… Mais ça c’est une autre histoire ! »

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Juin 302018
 

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« Toute lecture des Contes de la Connerie Collective, sans compréhension préalable du-dit avertissement,
n’engage que son lecteur et réciproquement.

La veille, le GISPEP était sorti de la salle du Conseil avec un sentiment étrange. La réunion extraordinaire du Conseil s’était bien passée, ce n’était pas le problème. Certes le GISPEP avait été le centre d’intérêt partagé des autres membres du Conseil, mais n’était-ce pas ce qu’il recherchait ? Pourtant, le sentiment étrange perdurait. Venait-il de cette bonne nouvelle ? De cette décision prise lors de cette session extraordinaire ? Sans aucun doute, mais le GISPEP n’arrivait pas à percevoir clairement le lien avec ce qu’il ressentait. Il aura dû s’en réjouir, mais ça lui était impossible tant il percevait une ombre derrière tout ça, indéfinissable et pourtant là, inquiétante et pourtant bien connue.
« Le GROC nous a convaincus, avait dit le le Chef du Conseil, les projets d’innovation patinent et il nous faut faire quelque chose, car notre Entreprise se doit d’être innovante à défaut d’être performante.
-Il semble que cela vienne des méthodes de travail et je propose d’élargir le périmètre de la FISTULE, la Flexibeule Innovative and Statisticale Technique for Universal Leadership in Economics, c’est une méthode d’innovation rétrograde que j’ai créée… tenta le GISPEP.
-Les méthodes de travail sont une chose, interrompit l’Attaché du Chef du Conseil qui avait réussi à se libérer une main pour prendre des notes, ce qui est vraiment la solution, c’est l’argent. La motivation, l’engagement, tout ça, c’est du flan s’il n’y a pas d’argent, pas vrai ?
-C’est vrai qu’avoir des ressources, ça aide, mais dans la situation présente, je ne suis pas sûr qu’il s’agisse du problème décrit par le GROC, dit le GISPEP en ne se reconnaissant pas lui-même.
-Laissez le GROC rêver, dit le Chef du Conseil, il voit des choses, c’est vrai, mais il n’en voit que la surface. Ce qui anime l’ensemble, ce qui rend les choses possibles, ce qui fait que les Bougres avanceront ne tient qu’en un seul mot de pouvoir et c’est nous qui le détenons : c’est l’argent. C’est pourquoi, cher GISPEP, je prends la décision ferme devant ce Conseil et en cette session, de vous fournir un budget illimité pour les six mois qui viennent. C’est à la fois une grande marque de confiance envers vous et votre FISTULE ainsi qu’une attente de ma part : vous avez les ressources que vous voulez, en retour je vous demande de vous sortir les doigts et de réussir. J’ai dit ! »
La réunion extraordinaire du Conseil s’était terminée là-dessus et le GISPEP en était ressorti avec ce sentiment étrange, indéfinissable. Était-ce un succès ? Un piège ? Une chance extraordinaire ? La fin de sa carrière ?
Le lendemain, le GISPEP s’était rendu en toute discrétion chez le Skippy. Il était très tôt et le GISPEP était arrivé bien avant ses trois compères qu’il s’était bien gardé de mettre au courant. La discussion avec le Skippy avait été bizarre, comme d’habitude, se disait-il en retournant à son bureau. En gros le Skippy lui avait dit que l’abondance pouvait conduire à la confusion, et qu’il se devait d’être l’étoile polaire, celle qui guide le marin… Bref, le GISPEP n’avait rien compris, comme d’habitude quand il rencontrait le Skippy.
Lorsqu’il arriva dans son bureau, les trois compères étaient déjà installés, deux d’un côté, un de l’autre côté, et les bâtons d’encens fumaient aux quatre coins. Vêtu d’une salopette rose, le Yogi lisait « Comment se faire des amis », assis sur la chaise du Chef, près de la fenêtre, pendant que le gars du MAIGRE et le mec du 12 Delta avaient une discussion profonde sur le fait que le problème, dans la vie, finalement, c’était surtout les gens. Le GISPEP se sentait fatigué, il exposa la situation à ses compères qui ne tarirent de conseils avisés entre excitation et abattement. La conclusion tomba : c’était un putain de cadeau empoisonné et tous furent d’accord pour déterminer un plan qui ferait porter la responsabilité de ce bordel aux Bougres sans oublier le Chef et la Bougre Complice.

Pendant ce temps, la Bougre Complice était arrivée chez le Fourbe.
« J’ai un problème naissant avec le Club sans local (relire ‘l’énergie du vide’) dit-elle.
-Ah bon ? Qu’est-ce qui arrive ? Y a plus personne ? s’étonna le Fourbe.
-Ben non, c’est juste le contraire, j’ai bientôt trop de monde !
-Eh bien c’est super ! J’étais sûr que le Club sans local serait un succès, tout comme la communauté de pratique…
-Pas si sûr, interrompit la Bougre Complice, j’ai pas assez de matière à leur proposer, j’ai peur qu’ils s’emmerdent et qu’ils se démotivent.
-C’est vrai qu’une période de profusion n’est pas toujours facile à gérer, paradoxalement… Ce qui va compter, c’est que tu sois à la fois ferme et exemplaire sur la direction à suivre. Les membres du Club sans local trouveront ce qu’ils peuvent faire d’utile au projet d’innovation de rupture si tu montres en permanence le cap, sans en dévier et surtout sans leur dire quoi faire dans le détail…
-Mais ça va être le bordel et il y en a qui vont abandonner…
-Ce sera le bordel si tu ne fais pas confiance… Mais bon sang, ils sont tous professionnels ! Si tu es claire sur l’intention du projet, ils sauront quoi faire, et surtout quand te consulter. Présente l’état du projet, ce qu’il reste à faire, ce qu’il y a encore à explorer et laisse-les se positionner d’eux-mêmes. Et si c’est pas le moment pour eux, ce sera leur décision, la dynamique s’ajustera d’elle-même.
-Donc en gros, je donne le cap, les ressources s’auto-alloueront et tout ira bien dans le meilleur des mondes, dit la Bougre Complice avec un sourire narquois.
-Tu peux le voir comme ça, tu peux aussi reconnaitre que c’est une pratique que tu pourrais explorer. À toi de voir…
-Mouais… Bon, faut que j’y aille, parce que le Chef accueille le Stagiaire dans son équipe…
-Le Chef a une équipe ?
-Ben oui… le Stagiaire ! Bon tu veux venir avec moi ? Je les rejoins à la cafète. Aujourd’hui , c’est ‘all you can eat’, un buffet à volonté avec que des plats à base de tofu et de tripes, il parait que c’est super. »

Toute ressemblance avec le chapitre précédent montre bien qu’il s’agit de deux chapitres distincts, et réciproquement.

Dans le prochain épisode : « Le GROC a un soupçon… Mais ça c’est une autre histoire ! »

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Juil 142014
 

Un nouveau document pré-apocalyptique très difficile à traduire est enfin publiable ! Il s’agit d’un nouveau texte original rédigé de la main de notre manager préféré : Le Chef.

Nota : Les chercheurs de l’Institut de Paléographie Managériale précisent que toute ressemblance, même lointaine, avec quelque situation entrepreneuriale, passée, présente et future, et qui pourrait amener le lecteur à réfléchir, est de la responsabilité du Chef, disparu dans notre futur lointain.

«Vraiment, maintenant, je fais le constat que les gens s’ennuient pendant mes présentations. Comme quoi, il n’y a plus de passion pour le travail. Nous, les managers, devons porter nos équipes à bout de bras. Surtout avec les jeunes ! Alors eux, pour s’en foutre, ils s’en foutent ! Mais qu’allons –nous devenir ? Qui va payer nos retraites ? Alors bien sur, me direz-vous, il y a des gens qui font des présentations que le public applaudit. Ben oui ! Eh bien ces gens là ne sont sans doute pas pris dans le quotidien des décisions sous pression ! Et puis, comme toujours, il y a des individus qui se croient au dessus de la mêlée : les Skippies !  Ils disent qu’une présentation, c’est d’abord une histoire que l’orateur partage avec son public. Que le public est d’autant plus enclin à la recevoir cette histoire que cette histoire l’implique directement sur tous les plans : rationnels comme émotionnels. Pour une présentation motivante et engageante, ces grands gourous préconisent (voir livre « resonate » en lien à la fin de l’article) :

L’authenticité de l’orateur en trois points : honnêteté (vis à vis du public, vis à vis de vous-même), unicité (vous seul avez l’expérience qui est la vôtre avec ses succès, échecs et anecdotes : c’est cette différence qui compte), sans compromis (si vous croyez vraiment ce que vous dites, alors ne reculez pas devant la résistance, ne changez pas d’avis, écoutez pour mieux convaincre sans contraindre) (voir livre « Manager avec les Accords Toltèques »)

D’exprimer l’intention plutôt que les objectifs. L’exemple du discours de Martin Luther King qui ne parle quasiment que du présent et de son intention est frappant. « I have a dream » disait-il, et son discours décrit son rêve ici et maintenant. Il décrit son intention et comment les gens peuvent le rejoindre dans cette intention et agir. (voir la vidéo « I have a dream »)

– De raconter une histoire, qui s’adresse à l’éthique (les valeurs et expériences partagées), à l’émotionnel (les ressentis de plaisir et de douleur) et à la logique (par la structure de votre discours : il y a une intention, des émotions et vous apportez des preuves que votre intention est réaliste, réalisable par des actions concrètes dès maintenant), (voir la vidéo « comment s’exprimer pour que les gens aient envie d’écouter »)

Et enfin, ces illuminés racontent que le véritable  héros n’est ni l’entreprise, ni moi l’orateur, c’est le public ! Ben voyons, alors avec ce genre de raisonnement le leader est le mec qui se tient derrière son groupe… tiens… ça me rappelle une histoire… avec des oies… Mais je m’insurge ! Car finalement, ce qui compte pour nous managers et leaders, c’est que nos messages soient bien compris de nos salariés. C’est pourquoi, je fais toujours en sorte d’axer mes communications sur les faits, rien que les faits. Surtout si la présentation que je dois faire est destinée à annoncer ou à commencer un changement à venir. Par l’expérience partagée des managers, il est possible maintenant de dire que, pour moi le Chef,  les caractéristiques d’une bonne présentation sont :

-Elle contient des faits, rien que des faits : cela clarifie le discours
-Elle est centrée sur entreprise, qui est notre raison de vivre
-Elle positionne l’orateur d’emblée comme celui à suivre (mes subalternes doivent et finiront par reconnaître en moi leur héros en quelque sorte)
-Elle décrit les objectifs à atteindre avec précision, dans le détail, nous prendrons le temps qu’il faudra pour tout couvrir.

Et puis, personnellement,  je mets tout le monde à l’aise pendant l’introduction de mes présentations ;  j’explique bien que je joue la transparence totale avec le public, que je reste ouvert à toutes les questions si on en a le temps, bien sûr, en fin de présentation.

Curieusement, le plus souvent, peu (ou pas) de questions me sont posées en fin de présentation, même si on en a le temps et que le sujet est passionnant. Je les vois bailler ces bougres, alors que je leur présente des chiffres cruciaux pour l’entreprise. Et puis ça ne rate jamais : il y a toujours un fourbe pour me poser une question sur un sujet confidentiel… J’explique alors que je ne peux pas répondre et là voilà qu’il rétorque que je ne suis pas transparent comme je l’avais annoncé… non mais ils comprennent vraiment rien à rien !  Mais peut-être que transparence n’est pas le mot adéquat finalement… la prochainement fois, je parlerai d’authenticité pour voir… après, il me restera à l’être… authentique… ben j’ai pas le cul sorti des ronces ! »

Les Chroniques Iniques, pages de la connerie ordinaire, 1514 vers 17h

Quelques lectures et vidéos qui illustrent cet article :

  • Martin Luther King : discours à écouter sous l’angle des critères énoncés par les Skippies

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