Juin 302018
 

Avertissement
« Toute lecture des Contes de la Connerie Collective, sans compréhension préalable du-dit avertissement,
n’engage que son lecteur et réciproquement.

La veille, le GISPEP était sorti de la salle du Conseil avec un sentiment étrange. La réunion extraordinaire du Conseil s’était bien passée, ce n’était pas le problème. Certes le GISPEP avait été le centre d’intérêt partagé des autres membres du Conseil, mais n’était-ce pas ce qu’il recherchait ? Pourtant, le sentiment étrange perdurait. Venait-il de cette bonne nouvelle ? De cette décision prise lors de cette session extraordinaire ? Sans aucun doute, mais le GISPEP n’arrivait pas à percevoir clairement le lien avec ce qu’il ressentait. Il aura dû s’en réjouir, mais ça lui était impossible tant il percevait une ombre derrière tout ça, indéfinissable et pourtant là, inquiétante et pourtant bien connue.
« Le GROC nous a convaincus, avait dit le le Chef du Conseil, les projets d’innovation patinent et il nous faut faire quelque chose, car notre Entreprise se doit d’être innovante à défaut d’être performante.
-Il semble que cela vienne des méthodes de travail et je propose d’élargir le périmètre de la FISTULE, la Flexibeule Innovative and Statisticale Technique for Universal Leadership in Economics, c’est une méthode d’innovation rétrograde que j’ai créée… tenta le GISPEP.
-Les méthodes de travail sont une chose, interrompit l’Attaché du Chef du Conseil qui avait réussi à se libérer une main pour prendre des notes, ce qui est vraiment la solution, c’est l’argent. La motivation, l’engagement, tout ça, c’est du flan s’il n’y a pas d’argent, pas vrai ?
-C’est vrai qu’avoir des ressources, ça aide, mais dans la situation présente, je ne suis pas sûr qu’il s’agisse du problème décrit par le GROC, dit le GISPEP en ne se reconnaissant pas lui-même.
-Laissez le GROC rêver, dit le Chef du Conseil, il voit des choses, c’est vrai, mais il n’en voit que la surface. Ce qui anime l’ensemble, ce qui rend les choses possibles, ce qui fait que les Bougres avanceront ne tient qu’en un seul mot de pouvoir et c’est nous qui le détenons : c’est l’argent. C’est pourquoi, cher GISPEP, je prends la décision ferme devant ce Conseil et en cette session, de vous fournir un budget illimité pour les six mois qui viennent. C’est à la fois une grande marque de confiance envers vous et votre FISTULE ainsi qu’une attente de ma part : vous avez les ressources que vous voulez, en retour je vous demande de vous sortir les doigts et de réussir. J’ai dit ! »
La réunion extraordinaire du Conseil s’était terminée là-dessus et le GISPEP en était ressorti avec ce sentiment étrange, indéfinissable. Était-ce un succès ? Un piège ? Une chance extraordinaire ? La fin de sa carrière ?
Le lendemain, le GISPEP s’était rendu en toute discrétion chez le Skippy. Il était très tôt et le GISPEP était arrivé bien avant ses trois compères qu’il s’était bien gardé de mettre au courant. La discussion avec le Skippy avait été bizarre, comme d’habitude, se disait-il en retournant à son bureau. En gros le Skippy lui avait dit que l’abondance pouvait conduire à la confusion, et qu’il se devait d’être l’étoile polaire, celle qui guide le marin… Bref, le GISPEP n’avait rien compris, comme d’habitude quand il rencontrait le Skippy.
Lorsqu’il arriva dans son bureau, les trois compères étaient déjà installés, deux d’un côté, un de l’autre côté, et les bâtons d’encens fumaient aux quatre coins. Vêtu d’une salopette rose, le Yogi lisait « Comment se faire des amis », assis sur la chaise du Chef, près de la fenêtre, pendant que le gars du MAIGRE et le mec du 12 Delta avaient une discussion profonde sur le fait que le problème, dans la vie, finalement, c’était surtout les gens. Le GISPEP se sentait fatigué, il exposa la situation à ses compères qui ne tarirent de conseils avisés entre excitation et abattement. La conclusion tomba : c’était un putain de cadeau empoisonné et tous furent d’accord pour déterminer un plan qui ferait porter la responsabilité de ce bordel aux Bougres sans oublier le Chef et la Bougre Complice.

Pendant ce temps, la Bougre Complice était arrivée chez le Fourbe.
« J’ai un problème naissant avec le Club sans local (relire ‘l’énergie du vide’) dit-elle.
-Ah bon ? Qu’est-ce qui arrive ? Y a plus personne ? s’étonna le Fourbe.
-Ben non, c’est juste le contraire, j’ai bientôt trop de monde !
-Eh bien c’est super ! J’étais sûr que le Club sans local serait un succès, tout comme la communauté de pratique…
-Pas si sûr, interrompit la Bougre Complice, j’ai pas assez de matière à leur proposer, j’ai peur qu’ils s’emmerdent et qu’ils se démotivent.
-C’est vrai qu’une période de profusion n’est pas toujours facile à gérer, paradoxalement… Ce qui va compter, c’est que tu sois à la fois ferme et exemplaire sur la direction à suivre. Les membres du Club sans local trouveront ce qu’ils peuvent faire d’utile au projet d’innovation de rupture si tu montres en permanence le cap, sans en dévier et surtout sans leur dire quoi faire dans le détail…
-Mais ça va être le bordel et il y en a qui vont abandonner…
-Ce sera le bordel si tu ne fais pas confiance… Mais bon sang, ils sont tous professionnels ! Si tu es claire sur l’intention du projet, ils sauront quoi faire, et surtout quand te consulter. Présente l’état du projet, ce qu’il reste à faire, ce qu’il y a encore à explorer et laisse-les se positionner d’eux-mêmes. Et si c’est pas le moment pour eux, ce sera leur décision, la dynamique s’ajustera d’elle-même.
-Donc en gros, je donne le cap, les ressources s’auto-alloueront et tout ira bien dans le meilleur des mondes, dit la Bougre Complice avec un sourire narquois.
-Tu peux le voir comme ça, tu peux aussi reconnaitre que c’est une pratique que tu pourrais explorer. À toi de voir…
-Mouais… Bon, faut que j’y aille, parce que le Chef accueille le Stagiaire dans son équipe…
-Le Chef a une équipe ?
-Ben oui… le Stagiaire ! Bon tu veux venir avec moi ? Je les rejoins à la cafète. Aujourd’hui , c’est ‘all you can eat’, un buffet à volonté avec que des plats à base de tofu et de tripes, il parait que c’est super. »

Toute ressemblance avec le chapitre précédent montre bien qu’il s’agit de deux chapitres distincts, et réciproquement.

Dans le prochain épisode : « Le GROC a un soupçon… Mais ça c’est une autre histoire ! »

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Lien vers la Table des Matières

Lien vers la Bibliographie

Oct 252014
 

Un document fondamental a été retrouvé récemment. Ce document est l’objet d’une guerre sans merci entre le GLAS (Groupe des Leaders Auto Satisfaits) et l’IPM (Institut de Paléographie Managériale). Il s’agit du « Tao de la Connerie Ordinaire ». Il semble que cet ouvrage soit une partie intégrante des Chroniques Iniques, même s’il est difficile parfois de dire qui, du Chef ou du Skippy, a rédigé certains chapitres.

Les chercheurs de l’IPM vous livrent cette semaine le fruit de leur travail acharné sous la forme d’un chapitre supplémentaire du Tao de la Connerie Ordinaire :

IV

Le Chef cherche l’Innovation.

Devant l’Incertitude du futur,
Le Chef demande au Bougre des chiffres.
Les chiffres sont faux, le Bougre le sait, le Chef le sait.
Le Chef a besoin des chiffres faux pour connaitre l’avenir à venir.

Lorsqu’il est prêt, le Chef réalise un miracle.
A partir des chiffres faux, il crée la Vérité, et il la nomme l’Objectif.
Plus le terme est loin, plus les chiffres sont faux
Plus les chiffres sont faux, plus l’Objectif est précis.

Ainsi le Chef a fait son travail,
Dans le rêve du futur.
C’est alors au Bougre de changer le faux en vrai,
Dans la réalité du présent.

Dans l’Incertitude, décide de ce qui doit être Vrai,
C’est une Certitude.
Là est le Tao de la Connerie Ordinaire.

Et réciproquement.

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Pour aller moins loin :

il peut être bon de relire les conseils du chapitre d’ouverture de l’ouvrage en pointant ou en cliquant ici

Pour aller plus loin :

Sep 272014
 

Retrouvés dans une grotte, les parchemins des Chroniques Iniques livrent les secrets d’un management d’une époque future maintenant révolue.
Les Chercheurs de l’Institut de Paléographie Managériale travaillent à la traduction de ces manuscrits rédigés dans des langues inconnues, à venir ou disparues comme l’Hébrite ancien, le Moldo-Samovar ou l’Anglische.

Récemment, l’objet le plus important jamais exhumé de ces vestiges du futur a été finalement traduit.

Il semblerait qu’il s’agisse d’un manuscrit rédigé de la main du Skippy bien connu Laba Tsou mais tous les chercheurs de l’IPM ne sont pas d’accord là-dessus, ni dessous d’ailleurs. Certains considèrent que cet ouvrage pourrait être de la main du Chef lui-même, tant il peut être effrayant au premier degré (le document, pas le Chef… quoique…).

Le titre semble être du Skippy Laba Tsou : le «Tao de la Connerie Ordinaire », tout comme le chapitre d’ouverture.

Le Tao, c’est la Voie, c’est le « comment ». Comment les choses arrivent, comment les choses se transforment par l’influence ou l’absence du management. Le Tao est le principe fondateur de toutes choses.

L’ouvrage, entièrement rédigé en Hébrite ancien du Sud (Style Wang), est composé de chapitres courts et poétiques qui s’adressent au lecteur, manager ou leader, curieux de découvrir par lui-même la Voie.

Voici en avant-première, le chapitre d’ouverture :

1. Tao de la Connerie Ordinaire

« La Connerie Ordinaire qu’on tente de saisir n’est pas la Connerie Ordinaire elle-même
Le Nom qu’on veut lui donner n’est pas son Nom adéquat

Elle n’est pas là où on la voit
Elle est avant l’après et après tout, c’était mieux avant
Surtout après après (°)

Celui qui lit ce livre en se reconnaissant avec humour peut avoir espoir
Celui qui lit ce livre en reconnaissant seulement les autres peut avoir peur

Celui qui s’y reconnait avec colère ou amertume est perdu
Celui qui n’y reconnait ni rien ni personne est sans doute heureux, c’est juste qu’il ne le sait pas. »

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Pour aller plus loin

 

 

(°)Note du directeur de l’IPM aux initiés : On reconnait ici une citation du prophète inconnu Stanislas Amadeus Fical

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